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Journée de l'Europe 3 questions à l’EFSI

Dans le cadre de la journée de l'Europe, la FESP a souhaité mettre en avant les travaux de l'EFSI, Fédération européenne des services à la personne, dirigée par Aurélie Decker et au sein de laquelle siège Brice Alzon, administrateur de la FESP et PDG de la MDSAP ainsi que de Coviva.

+ La FESP a cofondé l’EFSI. Pourquoi était-ce si important d’avoir dès 2006 une fédération européenne des SAP ? Quel en est précisément son rôle ? 

Aurélie Decker : En tant que représentant européen des employeurs et entreprises impliquées dans les services à la personne, l'EFSI a pour mission de façonner un environnement plus favorable au secteur, notamment en améliorant l'image et la perception des SAP et en promouvant des politiques adéquates pour soutenir leurs développements. Dans ses échanges avec les Institutions européennes, l'EFSI plaide pour de meilleures normes et pratiques en matière de politiques de l'emploi, d'évaluation de la qualité et de financement durable pour le secteur. Nous agissons en tant qu'expert des législations européennes et nationales qui encadrent le secteur des SAP et ses évolutions. Nos principales activités comprennent la défense des intérêts de nos membres, et la mise en réseau avec les principaux acteurs européens. Nous travaillons aussi activement au renforcement des connaissances sur le secteur dans le but de stimuler l'innovation et de favoriser les échanges trans-nationaux.

Brice Alzon: La FESP a été à l’initiative de la création de l’EFSI pour 4 raisons, qui demeurent toujours nos convictions :

  • qu’elle avait d’emblée perçu la nécessité de mettre en place un organe représentatif des fédérations et des entreprises impliquées dans le développement des services à la personne à l’échelon européen ;
  • qu’elle souhaitait ce faisant pouvoir s’inspirer de mesures favorables au secteur prise par certains pays européens tels que le Titre-service.
  • qu’elle se proposait de procéder à des échanges d’expériences et de bonnes pratiques  avec les fédérations et/ou des entreprises des autres pays européens ;
  • qu’elle souhaitait contribuer au travers EFSI à l’harmonisation de la législation et de la réglementation des différents pays et, plus largement ; aux approches des Etats en matière d’organisation des services à la personne : par exemple par une harmonisation de la tva pour le mode mandataire.

En définitive, les raisons qui ont amené la FESP à initier l’EFSI sont les mêmes que celles qui ont guidé à la création de la FESP il y a 25 ans. Quand un secteur est en cours de composition, il est indispensable de s’organiser et de se structurer afin de défendre au mieux nos intérêts et d’apprendre de la réalité des autres : le principe de la maison commune.

 

+ Quels sont les valeurs portées par l'EFSI ?

AD : Les activités de l'EFSI reposent sur la conviction que les SAP jouent un rôle économique et social essentiel, et qu'à ce titre leur développement doit être considéré comme une priorité tant au niveau national qu'au niveau européen. Malgré des marchés et des législations très différentes à travers les différents pays européens dans lesquels ils opèrent, les membres de l'EFSI s'accordent sur cinq principes fondamentaux qui doivent guider le développement du secteur : les SAP doivent être accessibles, disponibles et abordables ; le travail non déclaré doit être combattu ; des conditions de travail équitables doivent être assurées ; l'offre de SAP doit être de qualité et centrée sur l'utilisateur ; et une concurrence loyale entre les différents prestataires de SAP doit être garantie. Ensemble, les membres de l'EFSI travaillent à la pleine reconnaissance et au développement du secteur des SAP, dans l'intérêt de tous : utilisateurs, travailleurs et prestataires.

BA: Avec nos collègues membres du conseil d’administration, nous souhaitons voir mettre l’accent sur la nécessité de promouvoir le travail légal. En effet, du fait de la crise sanitaire, de nombreux professionnels n’étaient plus en mesure d’intervenir au domicile des personnes qu’elles accompagnaient, lesquelles ont parfois recouru au travail au noir. L’objectif est de réfléchir aux moyens permettant de convaincre les personnes prises en charge et les intervenants de revenir à des modalités de travail « légales »

Elle souhaite également travailler avec la présidence portugaise sur la TVA afin d’être en mesure de porter ce sujet auprès des services du ministère de l’économie et des finances.

 

Pensez-vous que des coopérations européennes en matière de services à la personne puissent émerger dans les années à venir ? Quelles sont les mesures inscrites à l'agenda 2021 ?

BA : Oui, plusieurs chefs d’entreprise, dont moi, s’implantent hors de France. Des mécanismes de collaboration sont par ailleurs mis en œuvre en s’inspirant d’exemples étrangers, tels que le travail sur le C2I avec la Suède. Nous avons tous intérêt à renforcer les collaborations européennes. Par ailleurs, j’observe que si nous arrivons à militer pour une stabilité règlementaire et fiscale en France pour le secteur des SAP, cela contribuera à rassurer et ainsi faire venir des géants du secteur…C’est l’enjeu des prochains mois et croyez-moi la FESP sera au rendez-vous !

AD : L'année 2021 sera marquée par une grande conférence européenne célébrant le 10e anniversaire de l'adoption de la Convention 189 de l'OIT sur les travailleuses et travailleurs domestiques co-organisée par l'EFSI les 28 et 29 juin. Lors de cet événement, de nombreuses personnalités politiques européennes de premier plan telles que le Commissaire européen à l'emploi et aux droits sociaux, Nicolas Schmit, le Secrétaire d'Etat portugais en charge du travail et de la formation professionnelle Miguel Cabrita, ou encore la Secrétaire d'Etat en charge de la famille, des affaires sociales et de l'égalité des chances de la Slovénie, Mateja Ribic seront invités à répondre aux demandes des représentants des services à la personne en vue d'une meilleure réglementation et structuration du secteur. Par ailleurs, 2021 sera aussi marquée par l'adoption de nouvelles mesures européennes en matière de taux réduits de TVA, de financements de services d'accueil des jeunes enfants issus de milieux précarisés et d'une nouvelle stratégie sur la santé et la sécurité au travail. Enfin, la Commission européenne a récemment lancée une réflexion sur le vieillissement de la population qui aboutira courant 2022 à une initiative européenne sur les soins de longue durée. Dans ce cadre, l'EFSI œuvre à une meilleure reconnaissance et prise en compte des acteurs de l'aide et du soin à domicile.

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