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Actu Territoires : Outre Mer Plan SAPOM

Comme dans les autres secteurs d’activité, la crise sanitaire a donné de la visibilité aux professions médicales et médico-sociales mais également mis en lumière leurs fragilités. Certaines ont même été les oubliées du système. Pourtant indispensables au maintien à domicile des personnes vulnérables, les services d’aide et de soin à domicile sont souvent restés invisibles, tout en assurant la continuité des prises en charge.

Les territoires d’Outre-mer sont confrontés aux mêmes enjeux qu’en métropole, accentués et rendus plus complexes, en raison d’une situation socio-démographique particulière. 

+  Les deux départements antillais (Guadeloupe et Martinique) et celui de la Réunion commencent à être confrontés à un rapide et massif vieillissement de leur population[1]. Les 65 ans et plus représenteront alors environ 30 % de la population antillaise et presqu’autant à la Réunion.

Au-delà de la rapidité de ce phénomène, la population de ces départements se différencie entre autres par une précarité économique et sanitaire élevée. La question de la santé des personnes âgées, et notamment l’organisation de la prise en charge des personnes en situation d’incapacité et/ou d’invalidité, y est devenue un enjeu majeur de santé publique.

+ Le département de La Réunion prévoit de consacrer 48 % de son budget 2021 (soit autour de 500 millions d'euros), à l'aide sociale, essentiellement vers des dispositifs et mesures à destination des particuliers, en faisant du maintien à domicile un axe fort de sa politique sociale.

Pour relever ce défi il faut professionnaliser la filière des services à la personne, revaloriser les métiers, former (formation initiale et surtout apprentissage) les salariés, présents et futurs, renforcer leur qualification tout au long de leur vie professionnelle.

+  Pour la Guyane et Mayotte, la situation en va différemment, se caractérisant par des taux de fécondités élevés et une immigration importante qui épargne encore les phénomènes de vieillissement[2]. Cependant, la faible densité de population, l’ampleur des distances et les difficultés de transport, contribuent à l’isolement de certaines populations, en particulier des personnes âgées, rendant souvent leur situation préoccupante.

+ Le département de Mayotte[3], constitue un cas atypique, tant en raison de son fort taux de natalité que du faible nombre de personnes âgées qui y résident. Le développement des services à la personne, dont ceux à destination des personnes âgées s’inscrit dans un contexte particulier, qui est que 84% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, que 28% n’a pas accès à l’eau courante et que 79% des ménages vivent dans un habitat précaire.

De nombreux points communs les caractérisent en revanche, à savoir que 

+ les personnes âgées préfèrent en majorité vieillir à leur domicile plutôt que dans un établissement (seulement 3,1 % chez les plus de 75 ans vivent en institution contre 8,8% en moyenne nationale)[4] ;

+ de plus en plus de jeunes poursuivent des études ou ont travaillé en métropole, ce qui a parfois pour conséquence de percuter les solidarités familiales, en dépit des résistances. Suivant les territoires, on assite progressivement à une transformation de l’état d’esprit de la société ultramarine, qui n’est pas sans conséquence sur la demande de services à la personne de type entretien du cadre de vie, garde d’enfants à domicile, accompagnement aux devoirs des enfants … même si elle reste encore moins forte qu’en métropole[5]. Le secteur des services à la personne est, sans conteste, l’un des plus porteurs en matière de créations d’emplois, non délocalisables, permettant de lutter efficacement dans ces départements contre le chômage, supérieur à la moyenne nationale,

La Fédération du service aux particuliers (FESP), engagée depuis 2006 auprès des Départements d’outre-mer (DOM), participe, avec les acteurs ultramarins, au même titre que dans les territoires métropolitains, à la structuration des Services à la personne (Sap).

Elle souhaite poursuivre son action afin que par leur action collective les entreprises de SAP, les partenaires locaux, en synergie avec les pouvoirs publics, soient en mesure de répondre aux grands enjeux de :

+  la formation professionnelle, en participant à l’émergence d’une filière de formation favorisant les évolutions de carrière, ouverte aux jeunes participants au Régiment du Service Militaire Adapté (RSMA), et en poussant l’âge de l’apprentissage jusqu’à 35 ans :

+  la mobilité et des conditions de travail des personnels au regard des configurations démographiques et géographiques de ces territoires ;

+ développement de la demande par des campagnes de communication et de sensibilisation auprès du grand public ;

+  la sécurisation des structures entrepreneuriales des services à la personne face à la concurrence de l’économie informelle et à la disparité des tarifications entre les collectivités d’Outre de mer ;

+ l'adaptation du  logement pour les personnes âgées via les bailleurs sociaux et les promoteurs privés 

+ création de résidences services 

+  la coordination entre le prendre soin et le soin, en permettant, par exemple, aux personnels intervenant à domicile de déclencher une téléconsultation 

+  developpement  des différents modes de garde d’enfants dont la garde à domicile des micro-crèches…

+ d'accompagnement des porteurs de projets à la création d’entreprises dans le secteur des SAP et accompagnant la professionnalisation des dirigeants




 

 

 

[1]La part des 65 ans et plus a été multipliée par 1,5 dans chacun de ces départements entre 1999 et 2014, et selon les dernières projections de l’INSEE, cette part sera encore multipliée par 1,5 à La Réunion et presque par 2 en Guadeloupe et en Martinique d’ici à 2030.

[2] La Guyane est un territoire où la population est jeune, avec un fort taux de natalité mais qui doit faire face, comme beaucoup de territoires ultramarins, au départ de certain de ses jeunes qui quittent le domicile familial pour s’installer dans l’hexagone ou ailleurs dans le monde, laissant derrière eux des parents âgés.

[3] devenu département en 2011

[4] La part des séniors à domicile en perte d’autonomie est plus élevée que la moyenne française de 2 à 5 points et plus de 20 % des retraités ultra-marins perçoivent l’allocation aux personnes âgées (APA) alors que ce taux n’est que de 4 % en moyenne nationale.

 [5] Une étude INSEE a mis en évidence en 2017 que 10 % des ménages réunionnais ont eu recours à un service à la personne mais seulement 10 % des ménages les plus aisés recourent autant à ces services qu’en métropole.

 

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