Édouard Philippe à la FESP : Je n’envisage pas de toucher au crédit d’impôt

À l'occasion du Grand Oral consacré aux services à la personne, organisé par la Fédération des entreprises de services à la personne (FESP) et diffusé sur BFM le 3 novembre 2026, Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle de 2027, a présenté sa vision de l'avenir du secteur. Crédit d'impôt, vieillissement de la population, petite enfance, emploi, formation et lutte contre le travail non déclaré : retour sur les principaux engagements et orientations exprimés lors de cet échange.

Les services à la personne, un secteur essentiel face aux transformations de la société

Avec près de 5 millions de ménages utilisateurs, plus d’un million de salariés et un potentiel de création pouvant atteindre 500 000 emplois supplémentaires d’ici 2030, les services à la personne occupent une place majeure dans l’économie française.

L’ancien Premier ministre a salué la structuration progressive de la filière, notamment à travers le plan Borloo de 2005, qui a permis de développer un cadre professionnel favorisant la déclaration des emplois et la protection des salariés comme des particuliers employeurs.

Pour Édouard Philippe, les services à la personne constituent une réponse concrète aux grandes transformations démographiques et sociales, notamment le vieillissement de la population, la baisse de la natalité et l’évolution des besoins des familles.

Crédit d’impôt : un engagement en faveur du maintien du dispositif à 50 %

La stabilité fiscale a constitué l’un des sujets central de cet échange.

Alors que le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile fait régulièrement l’objet de débats dans le cadre des projets de loi de finances, Édouard Philippe a exprimé une position claire : il souhaite maintenir le dispositif dans ses conditions actuelles.

« Je n’envisage pas de toucher à ce crédit d’impôt. »

Il s’est prononcé en faveur du maintien du taux de 50 %, sans modification du périmètre des activités concernées ni distinction entre les catégories de bénéficiaires.

Il a également souligné l’intérêt du mécanisme d’avance immédiate du crédit d’impôt, mis en application à partir de 2022, qui facilite l’accès aux prestations en réduisant le montant à avancer par les ménages.

Édouard Philippe a indiqué que, s’il était élu président de la République, il ne soutiendrait aucun projet gouvernemental visant à modifier ce dispositif.

Pour les entreprises du secteur, cette stabilité représente un enjeu essentiel afin de sécuriser leurs investissements, leurs recrutements et leur développement.

Vieillissement de la population : développer les solutions d’accompagnement à domicile

Le vieillissement démographique constitue un autre défi majeur pour les services à la personne.

Face à l’augmentation du nombre de personnes âgées souhaitant rester chez elles le plus longtemps possible, Édouard Philippe a insisté sur la nécessité de développer des solutions d’accompagnement adaptées aux différents niveaux d’autonomie.

Il a notamment évoqué l’importance de professionnaliser l’aide à domicile, de mieux articuler les services du quotidien avec les besoins de soins et de proposer des formes d’habitat diversifiées.

Du maintien dans le logement habituel aux résidences proposant des services mutualisés, en passant par les habitats partagés et les établissements spécialisés, l’objectif serait de permettre à chacun de bénéficier d’un accompagnement adapté à sa situation.

L’ancien Premier ministre a également défendu la complémentarité entre les acteurs publics et privés pour répondre à ces besoins croissants.

Il a souligné que le financement de la dépendance nécessiterait des ressources supplémentaires et une réflexion de long terme sur l’organisation de la solidarité nationale.

Petite enfance : diversifier les modes d’accueil et renforcer le soutien aux familles

La question de la petite enfance a également occupé une place importante dans les échanges.

Édouard Philippe a établi un lien entre la baisse de la natalité et plusieurs difficultés rencontrées par les familles : la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, l’accès au logement et les possibilités d’accueil des jeunes enfants.

Pour répondre à ces enjeux, il a défendu une transformation de la politique familiale, avec notamment deux propositions :

  • Le versement des allocations familiales dès le premier enfant.
  • Une exonération d’impôt sur le revenu pendant trois ans, à chaque naissance, pour les ménages de la classe moyenne concernés par sa proposition.

Il a également insisté sur la nécessité de multiplier les solutions d’accueil : crèches, assistantes maternelles, accueils collectifs ou services à domicile.

Selon lui, la diversité des situations familiales, professionnelles et territoriales impose de préserver une offre souple et adaptée aux besoins de chaque foyer.

Emploi, intégration et lutte contre le travail non déclaré : un modèle à préserver

Au-delà des prestations proposées aux ménages, Édouard Philippe a souligné le rôle économique et social des services à la personne.

Le secteur constitue notamment une source importante d’emploi pour les femmes, les personnes ayant connu des parcours professionnels discontinus et les personnes issues de l’immigration.

L’ancien Premier ministre a rappelé que la professionnalisation de la filière avait contribué à faire reculer le travail non déclaré, en permettant aux salariés d’accéder à une rémunération déclarée, à une protection sociale et à des droits à la retraite.

Il a qualifié ce fonctionnement de « modèle vertueux », soulignant ses effets positifs sur l’intégration, la solidarité et l’activité économique.

Il a toutefois reconnu certaines difficultés persistantes, notamment la fréquence des emplois à temps partiel et leurs conséquences sur le pouvoir d’achat.

Pour Édouard Philippe, préserver les dispositifs existants permettrait de maintenir cette dynamique tout en accompagnant la création de nouveaux emplois.

Finances publiques : travailler avec les professionnels sur des pistes d’économies

Interrogé sur le coût du crédit d’impôt pour les finances publiques, Édouard Philippe a reconnu l’importance de la dépense fiscale, tout en appelant à prendre en compte ses retombées économiques et sociales.

Il a notamment rappelé que les services à la personne contribuent à la création d’emplois déclarés, à la réduction du travail illégal et au soutien des familles et des personnes âgées.

L’ancien Premier ministre s’est montré ouvert à un dialogue avec la FESP sur les pistes d’économies proposées par les professionnels.

Formation et évolution professionnelle : accompagner les salariés tout au long de leur carrière

L’attractivité des métiers et les perspectives d’évolution professionnelle ont également été abordées.

Édouard Philippe a souligné l’importance de la formation continue, particulièrement dans un secteur où les métiers peuvent être physiquement exigeants et où l’âge moyen des salariés est relativement élevé.

Il a notamment évoqué la nécessité de mieux valoriser l’expérience acquise et de faciliter les parcours professionnels afin de permettre aux salariés d’évoluer au cours de leur carrière.

Pour lui, cet enjeu concerne autant les professionnels que les entreprises qui les emploient.

Soutien scolaire : garantir un accompagnement accessible à tous

Sur la question du soutien scolaire, Édouard Philippe a défendu la création d’un service public d’accompagnement scolaire gratuit et de qualité, accessible aux familles qui ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour financer des cours particuliers.

Il a toutefois précisé que ce dispositif devrait rester complémentaire aux offres privées existantes, afin de préserver la liberté de choix des familles.

Les entreprises et professionnels proposant des prestations de soutien scolaire à domicile pourraient ainsi continuer à exercer leur activité dans ce cadre.

Un échange consacré à l’avenir des services à la personne

Ce Grand Oral a permis d’aborder les principaux enjeux auxquels le secteur devra répondre dans les prochaines années : stabilité fiscale, vieillissement démographique, politique familiale, création d’emplois, formation et protection sociale.

Au cours de cet entretien, Édouard Philippe a réaffirmé son attachement au modèle actuel des services à la personne, tout en se montrant favorable à un dialogue avec les professionnels pour accompagner son développement.

À travers ce rendez-vous, la FESP poursuit sa démarche visant à placer les services à la personne au cœur du débat public et des réflexions sur les politiques nationales à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.

Retrouvez l’intégralité du Grand Oral d’Édouard Philippe

Découvrez l’ensemble des échanges et des réponses apportées par Édouard Philippe aux questions concernant l’avenir des services à la personne.

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