Depuis plusieurs années, le maintien à domicile occupe une place centrale dans les politiques de l'autonomie. Les Français expriment massivement leur souhait de vieillir chez eux, dans leur environnement familier, au plus près de leurs habitudes, de leurs proches et de leur histoire de vie. Cette charte constitue un cadre commun de référence pour promouvoir une culture partagée de la bientraitance, prévenir les risques de maltraitance et renforcer la qualité de l'accompagnement à domicile.
Pour répondre à cette aspiration, des milliers de professionnels interviennent chaque jour auprès de personnes âgées, en situation de handicap, fragilisées par la maladie ou confrontées à une perte d’autonomie. Leur mission dépasse largement la réalisation d’actes techniques : ils accompagnent des parcours de vie, soutiennent des familles, préservent le lien social et participent au maintien de la dignité de chacun.
Dans ce contexte, la Fédération des Entreprises de Services à la Personne (FESP) a souhaité franchir une nouvelle étape en élaborant une Charte Éthique et Bientraitance destinée à l’ensemble des acteurs du domicile en partenariat avec
la CNSA et Amaltia.
Une démarche collective au service de tous
La bientraitance ne peut pas reposer uniquement sur la bonne volonté individuelle des professionnels. Elle doit être pensée, organisée, partagée et soutenue par l’ensemble des acteurs impliqués dans l’accompagnement.
C’est pourquoi la charte ne s’adresse pas uniquement aux intervenants à domicile.
Elle engage également :
- les dirigeants et responsables de structures ;
- les professionnels de terrain ;
- les bénéficiaires ;
- les proches aidants ;
- les bénévoles lorsqu’ils participent à l’accompagnement.
Cette approche globale constitue l’une des originalités majeures de la démarche. Elle reconnaît que la qualité de l’accompagnement repose sur une responsabilité partagée et sur des relations de confiance entre toutes les parties prenantes.
Huit engagements pour guider les pratiques
La charte s’articule autour de huit engagements fondamentaux :
Reconnaître chaque personne dans sa dignité, ses choix, son histoire, ses croyances et son autonomie.
Prendre en compte la parole de chacun, favoriser l’expression des besoins, des attentes et des inquiétudes.
Veiller à la sécurité physique, psychique et sociale des personnes accompagnées comme des professionnels.
Favoriser des échanges clairs, réguliers et adaptés afin d’assurer la continuité de l’accompagnement.
- Être bienveillant et attentionné
Porter une attention constante au confort, au bien-être et à la qualité de vie des personnes.
Encourager l’autonomie, accompagner sans se substituer, soutenir les aidants et les professionnels.
Valoriser les compétences, les savoir-faire et les contributions de chacun.
Construire des relations durables fondées sur la confidentialité, la fiabilité et le respect mutuel.
Ces engagements traduisent concrètement les valeurs qui fondent les métiers du domicile.
Un outil de prévention des maltraitances
La prévention des maltraitances constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique.
Les situations de vulnérabilité, l’isolement, les difficultés organisationnelles, le manque de coordination ou encore l’épuisement des aidants peuvent créer des risques parfois invisibles.
La charte rappelle que la bientraitance ne se limite pas à l’absence de maltraitance.
Elle implique une vigilance permanente, une réflexion éthique continue et une capacité à questionner ses pratiques.
Elle encourage également le signalement des situations préoccupantes et la diffusion d’une culture commune de prévention.
Un support concret pour les structures
Au-delà de sa dimension symbolique, la charte est conçue comme un outil opérationnel.
Elle peut être :
- intégrée aux livrets d’accueil ;
- présentée lors de l’intégration des nouveaux professionnels ;
- utilisée dans les actions de sensibilisation ;
- mobilisée dans les démarches qualité ;
- partagée avec les bénéficiaires et leurs proches.
Elle permet aux structures de formaliser leurs engagements et de donner davantage de visibilité à leurs valeurs.
Renforcer l’attractivité des métiers
Dans un contexte marqué par des difficultés de recrutement et de fidélisation des professionnels, la promotion d’une culture de bientraitance constitue également un levier d’attractivité.
Les salariés attendent aujourd’hui des organisations qu’elles reconnaissent leur engagement, soutiennent leurs pratiques et créent des espaces de dialogue.
En affirmant des valeurs communes et en reconnaissant la place de chacun, la charte contribue à renforcer le sentiment d’appartenance et la qualité de vie au travail.
Une ambition nationale
Avec cette Charte Éthique et Bientraitance, la FESP souhaite accompagner l’ensemble de ses adhérents dans la construction d’un cadre commun de référence.
L’objectif est clair : faire du domicile un espace toujours plus sûr, respectueux et humain.
Parce que la qualité de l’accompagnement repose avant tout sur la qualité des relations, la bientraitance doit devenir l’affaire de tous.