La téléassistance, un levier stratégique pour le maintien à domicile

Le maintien à domicile apparaît comme la solution privilégiée pour répondre aux besoins croissants d’autonomie et de qualité de vie des seniors. Il n’est possible qu’en prenant appui sur des aides professionnelles et technologiques, au premier rang desquelles, s’agissant de ces dernières, de la téléassistance

Initialement développée pour rompre l’isolement des personnes âgées, la téléassistance s’est progressivement imposée comme un pilier des services à la personne. Elle permet aux personnes fragilisées, vulnérables, âgées ou en situation de handicap de vivre à domicile en sécurité, d’être mises en relation avec des professionnels 24h/24 et 7j/7, et de bénéficier d’un accompagnement en cas de difficulté.

Souvent vécue comme une réponse à une situation d’urgence, elle s’inscrit aujourd’hui comme un outil de prévention à part entière, permettant d’anticiper les risques, de détecter les fragilités et d’accompagner les personnes avant toute rupture de parcours. En sécurisant le quotidien et en maintenant un lien régulier avec les bénéficiaires, elle contribue concrètement à retarder la perte d’autonomie et à éviter des hospitalisations.

De nombreuses études montrent que la grande majorité des Français souhaitent vieillir à domicile, y compris en cas de perte d’autonomie. Répondre à cette aspiration suppose de structurer une offre de services capable d’accompagner les personnes fragiles dans la durée. Cette volonté de structuration a conduit à la création en 2005 de l’Association Française de Téléassistance. Elle rassemble aujourd’hui 85 % des opérateurs français et fédère les acteurs autour d’une charte commune, avec un objectif : garantir la qualité des services et faire évoluer les pratiques dans le respect d’une déontologie exigeante.

Dans ce cadre, l’AFRATA a conduit une étude quantitative en 2024 qui met en évidence plusieurs tendances structurantes.

Une dynamique positive, mais un retard insuffisant au regard des enjeux démographiques

La téléassistance a poursuivi sa progression en France, avec 750 000 bénéficiaires en 2024, soit une croissance de 4 % sur un an. Pour autant, cette progression reste insuffisante au regard des enjeux démographiques puisqu’aujourd’hui, seulement 10 % des personnes de plus de 75 ans sont équipées. Pour atteindre un seuil plus adapté aux besoins, estimé à 20 %, plus d’un million de personnes supplémentaires devraient être équipées.

Des bénéficiaires âgés, majoritairement féminins

  • Le profil des bénéficiaires de la téléassistance reste relativement stable. L’âge moyen s’établit à 84 ans, confirmant que ces dispositifs interviennent majoritairement à un stade avancé de la vie ;
  • 75 % des bénéficiaires sont des femmes, reflet à la fois de leur espérance de vie plus élevée et de leur plus grande exposition au risque de perte d’autonomie.

La téléassistance : un instrument de prévention des chutes

 En 2024, 313 282 chutes ont été détectées, soit une hausse de 6 % par rapport à l’année précédente.

83 % des personnes ayant chuté ont pu demeurer à domicile grâce à la téléassistance

La téléassistance : un instrument de lutte contre l’isolement

En 2024, plus de 7,5 millions d’appels ont été traités par les plateformes d’écoute, en hausse de 1 % sur un an. Parmi eux :

  • 89 % étaient des appels non urgents, souvent liés à un besoin d’échange ou de réassurance ;
  • 11 % concernaient des situations d’urgence.

Chaque bénéficiaire effectue en moyenne 11,2 appels par an, dont la grande majorité participe au maintien du lien social.

Une transformation technologique en marche

Le secteur connaît actuellement une évolution rapide des technologies, avec une transition progressive vers des solutions plus modernes et connectées[1]. Cette transformation s’accompagne du développement de solutions innovantes :

  • 43 441 détecteurs de chute installés :
  • 37 117 dispositifs mobiles avec géolocalisation,
  • l’émergence de montres connectées, d’outils d’analyse des habitudes de vie et de solutions intégrant l’intelligence artificielle.

La téléassistance ne se résume donc pas à un dispositif technique. Elle constitue un outil de prévention, un facteur de sécurisation des parcours, un levier déterminant de réussite du virage domiciliaire par son haut degré d’exigence.

Pour qu’elle puisse être en mesure de jouer le rôle essentiel qui est le sien plusieurs conditions doivent être réunies :

  • assurer une qualité de service homogène sur l’ensemble du territoire
  • Garantir un modèle tarifaire soutenable, garantissant un accès équitable pour tous quel que soit le lieu de résidence, la téléassistance représentant bien souvent le premier niveau d’équipement des personnes entrant dans le grand âge.
  • Reconnaître la téléassistance comme un dispositif essentiel en réponse aux politiques publiques sur le vieillissement.

En décembre 2023, l’Association Française de Téléassistance a rejoint la Fédération du Service aux Particuliers.

Ce rapprochement marque une étape dans la structuration du secteur. Il renforce sa capacité de représentation et inscrit pleinement les enjeux de la téléassistance dans une approche plus globale de l’autonomie. Avec l’intégration de l’AFRATA, la FESP porte désormais le développement de la téléassistance comme un axe à part entière, en lien avec les politiques publiques du vieillissement. Cette convergence permet de faire émerger une parole plus lisible et plus structurante, à la hauteur des enjeux : faire reconnaître la téléassistance comme un levier indispensable du bien vieillir à domicile.

 

[1][1] En 2024, les solutions 4G représentaient 28 % des équipements, en forte progression (+43 %), Les technologies IP progressent également (+28 %) tandis que les solutions plus anciennes (RTC, 2G/3G) reculent.

 

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